juillet
Bonjour Pixitroqueurs et Pixitroqueuses ! Après une semaine de vacances, voici le retour du dossier consacré aux jeux-vidéos adaptés au cinéma. Cette semaine, on dézingue du zombie :

RESIDENT EVIL, sorti en 2002, est la seconde adaptation au cinéma d’un jeu-vidéo pour l’américain Paul W. S. Anderson, après Mortal Kombat. Il était prévu à l’origine que la mise en scène soit confiée à George A. Romero, décision on ne peut plus logique quand on sait que le maître du film de zombies (La Nuit des Morts-Vivants, Zombie, Le Jour des Morts-Vivants, entre autres) fut la principale influence de la série des jeux-vidéos Resident Evil. Mais, malgré un scénario assez fidèle à celui du jeu, Romero fut évincé par des producteurs qui voulaient quelque chose de plus spectaculaire. Le résultat final n’est ainsi pas véritablement dans l’esprit du jeu, basé sur une enquête angoissante et la survie dans un univers hostile avec peu de moyens – la recherche et l’économie de munitions est notamment une donnée essentielle de la série de jeux créée par les japonais de Capcom. Dans le film, au contraire, l’équipe de commando mitraille les zombies à tout-va, à tel point qu’on a finalement plus l’impression de regarder une adaptation du jeu-vidéo de shoot them up House of the Dead (mais celui-ci a également eu le droit à son adaptation, dont on aura l’occasion de reparler ici).
Pourtant, dès le prologue, on sent une volonté de montrer aux spectateurs que le film sera fidèle au jeu. Mais le côté ostentatoire de cette démonstration ne la rend que plus louche, et cette fidélité apparaît vite être l’équivalent du manoir du film : une façade, un leurre, un décor familier n’ayant finalement aucune importance. Pour autant, le climat installé au début du film ne manque pas d’intérêt, développant une histoire d’intelligence artificielle meurtrière par excès de zèle, en référence évidemment au HAL de 2001 : l’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick (1968), mais aussi au Mystère Andromède de Robert Wise (1971), autre précurseur de la science-fiction paranoïaque et cruelle, qui développait également une histoire d’infection mortelle. Le film est ainsi étrangement plus axé sur la menace technologique que sur celle des zombies. D’ailleurs, tout se passe dans le laboratoire secret du Hive, et rien dans le sombre manoir (qui vaut pourtant le titre européen du jeu – son titre original au Japon est Biohazard – et donc du film). L’histoire est au final aussi passionnante qu’une sortie au supermarché (malgré une volonté de jouer sur les traitrises et autres retournements de situation, dans l’esprit du jeu), apportant quand même son lot de petites satisfactions primaires, entre festins joyeux de zombies et jeu de jambes de Milla Jovovich. Cette dernière est la principale attraction du film et est montrée nue dès que possible, dans des séquences rappelant le rôle qui la fit connaître, Leeloo du Cinquième Élément de Luc Besson, dont elle fut l’égérie et la compagne avant d’être celle de Paul Anderson, qu’elle a rencontré sur le tournage de Resident Evil. L’autre tête d’affiche du casting est Michelle Rodriguez (connue pour ses rôles dans Fast and Furious, Lost, ou encore Avatar), virile et intimidante comme à son habitude, allant jusqu’à narguer les zombies en leur offrant »en apéritif » des gouttes de son sang.
Par ailleurs, le film fait explicitement référence aux jeux Resident Evil à plusieurs reprises, notamment sur la fin qui reprend clairement Resident Evil 2. Certains plans sont même des copies de ceux du jeu, angles de caméra inclus. Et quand on sait que ceux-ci étaient eux fortement inspirés des plans de films de Romero, on ne sera pas surpris à la fin de voir un plan reprenant la une de journal titrée « THE DEAD WALK » issue du Jour des Morts-Vivants. Côté références, on trouve également de nombreuses allusions (de l’aveu même du réalisateur) à Alice au pays des merveilles, du prénom d’Alice au lapin blanc utilisé pour tester le virus, en passant bien-sûr par la Reine Rouge et sa passion des décapitations. Pourquoi Alice ? Quel est le sens de ses références ? Et, pendant qu’on y est, pourquoi donc la Reine Rouge est une gamine capricieuse ? Autant de questions sans réelle réponse. Mais, au fond, who cares ?
Note : 3/10
Retrouvez l’intégralité de la saga Resident Evil à l’échange sur Pixitroc :
juillet
Bonjour Pixitroqueuses et Pixtroqueurs ! Aujourd’hui, un article dans la continuité de celui de la semaine dernière :

MORTAL KOMBAT : DESTRUCTION FINALE est la suite directe de Mortal Kombat, sortie deux ans après, en 1997. Le réalisateur a changé, la mise en scène étant confiée à un plus grand débutant que pour le premier opus : John R. Leonetti, heureusement resté inconnu, lui. « MEUWTAL KEUMBAATT ! » Comme le premier, le film débute avec le générique le plus violent de tous les temps, qui sera aussi le meilleur moment du film, accompagné encore de la fameuse musique qui donnerait envie même à Gandhi de sauter dans tous les sens en mettant des coups de pied à tout-va. Outre le réalisateur, beaucoup d’acteurs ont également changé d’un film à l’autre, mais jamais pour le mieux : les deux comédiens qui ont repris les rôles de Sonya Blade et Johnny Cage sont largement moins attachants, et c’est sans regret qu’on voit disparaître l’un d’eux très vite ; quant à James Remar (récemment papa de Dexter dans la série éponyme), il donne à Raiden des allures de vieux-beau semblant vouloir éviter les combats (bien qu’il se batte dans ce film-ci, contrairement au premier). Christophe Lambert qui le jouait dans le premier volet a du abandonner le rôle pour un film encore plus incroyable que celui-ci, le fameux Beowulf.
Pour combler ces tristes changements, cette suite a pour principal intérêt de multiplier le nombre de personnages issus de l’univers Mortal Kombat. On verra donc avec plaisir (au moins pour les déguisements d’Halloween) apparaître Motaro le centaure, Jade la ninja, Jax et ses bras bioniques (qui essaye de reprendre le rôle de trublion de service à la place de Johnny Cage, mais sans beaucoup de succès), le grand méchant mais pas du tout charismatique Shinnok (au contraire de son fils Shao-Kahn et de la mythique casseuse de tympans Sindel, plutôt convaincants), les robots Smoke et Cyrax, Sheeva est ses quatre bras (qui étaient tellement compliqués à animer pour un combat que ce dernier est extrêmement écourté), Nightwolf le loup-garou (dont on pourrait croire que la courte apparation est due aux images de synthèse horribles qu’il nécessite, si seulement ces dernières n’étaient pas utilisées dans beaucoup d’autres scènes totalement inutiles), et même Ermac, connu à la base dans les jeux Mortal Kombat pour être un bug de programmation mélangeant Sub-Zero et Scorpion (son nom signifie d’ailleurs « Error Macro »), et devenu un véritable personnage dans MK3.
Pour le reste, cette suite a gardé tout ce que le premier film avait de pire, tout en enlevant le meilleur : l’humour ne sauve ainsi plus un scénario inexistant (en gros, les méchants décident de tricher et d’envahir la Terre malgré la défaite lors du dernier Mortal Kombat, et les aventures du premier film n’ont donc servi à rien !), les répliques sont ici toutes plus plates que Jane Birkin, et les combats sont d’une mollesse telle que même le montage et les musiques (toujours plus kitsch) ne parviennent pas à les dynamiser. Mais pourquoi donc faire autant de sauts périlleux durant un combat aussi ! Sans compter le ridicule nombre de câbles encore visibles dans les scènes nécessitant ces acrobaties…
Après avoir vu défiler tous ces personnages, la seule envie positive qui vient est de vouloir rejouer à Mortal Kombat. Mais la véritable envie est de retrouver le producteur de ce film, dans l’Outre-Monde ou ailleurs, pour enfin… « FINISH HIM! » A noter, par ailleurs, que parmi les nombreux fans de Mortal Kombat déçus de ces adaptation au cinéma, un a décidé de prendre les choses en main et de relancer la série. Pour convaincre les producteurs de le financer, il a tourné un court-métrage intitulé Mortal Kombat: Rebirth pour ‘’seulement » 7500$ et l’a diffusé sur youtube. Espérons que sa chance lui sera accordée…
Note : 2/10.
Bande-Annonce (VO) :
juillet
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Après une semaine de pause, voici la suite du Dossier Jeux-vidéos au Cinéma, avec à nouveau de la baston à l’honneur :

MORTAL KOMBAT, réalisé par le débutant d’alors Paul W. S. Anderson (et qui réalisera plus tard Resident Evil, dont on aura l’occasion de reparler ici), est sorti en 1995, un an après Street Fighter. Comme ce dernier, il se paie également une « star » has-been au casting, en la personne de notre fierté nationale : Christophe Lambert, qui joue le Dieu du tonnerre Raiden. Il y trouve ici peut-être son meilleur rôle depuis Highlander, jouant énormément sur une complicité avec le spectateur, qui pourra à loisir reconnaître les « gimmicks » propres à l’acteur : rire sarcastique surjoué, sentences lapidaires dites avec un sérieux exagéré (sans compter le tonnerre et les éclairs qui interviennent à la fin de chaque scène de dialogue où il est présent), le tout accentué par une perruque innommable et un regard d’acier renforcé par des éclairs. Comme pour Street Fighter, encore, tout semble fait pour inciter à une lecture au second degré des scènes, grâce notamment au personnage de Johnny Cage, tout en ironie (voir la première scène de celui-ci notamment, avec sa réplique culte : « C’est là que tu dois tomber. »), jouant à plein son rôle d’avatar de Jean-Claude Van Damme (ce dernier a d’ailleurs refusé le rôle au profit de Street Fighter).
Là aussi, le scénario n’est qu’un prétexte à des combats à foison, et pourrait être tiré d’un épisode de Dragon Ball Z (il ressemble aussi beaucoup, pour la partie »réaliste », au dernier film de Bruce Lee, le très bon Opération Dragon) : les gros méchants venus d’un monde parallèle veulent envahir la Terre et ils doivent pour cela remporter un ultime tournoi d’arts martiaux contre les humains. Pourquoi ne pas envahir la Terre tout de suite ? Bonne question, surtout quand on voit la dernière scène du film (mais ne dévoilerons rien ici, on en reparlera dans le billet réservé à la suite que constitue Mortal Kombat : Destruction Finale – tout un programme…). Les combats, à défaut d’être convaincants, ont le mérite d’être plutôt drôles. En fait, on a plutôt l’impression d’assister à un battle de danse (façon »So you think you can dance? », pour les connaisseurs), avec un nombre incalculable de saltos, flips, et autres sauts improbables.
On retrouve toutefois avec plaisir quelques coups spéciaux des personnages du jeu, qui sont eux-mêmes assez convaincants dans leur rôle. Mention spéciale pour Sonya Blade, dont la fidélité est poussée jusqu’à la faire rejouer la scène de Mortal Kombat II où elle apparaît enchaînée par Shang Tsung. Les effets spéciaux sont d’un niveau époustouflant, alliant images de synthèse probablement réalisées sous Paint et sprites plus pixelisés encore que ne l’étaient ceux du jeu. Le tout est rythmé par une musique techno-dance représentant tout ce que cette époque a pu produire de kitsch, mais pour autant très entraînante et dynamique. On appréciera également (ou pas) la présence de morceaux de Napalm Death, de Fear Factory, ou encore de Traci Lords (!), ex grande star de films pour adultes. Évidemment, on aurait pu souhaiter que le côté gore du jeu (dont les « fatalities », faites de décapitations, démembrements et autres pulvérisations, ont fait la réputation) ne soit pas en partie édulcoré comme c’est le cas ici, mais Mortal Kombat reste un nanar qui s’assume, et offre ainsi un spectacle assez jouissif et divertissant.
Pas une « flawless victory », donc, mais, tout comme les personnages du film, on aurait presque envie d’y croire…
Note : 5/10.
Bande-annonce (VO) :
Pour le reste, puisqu’on évoque ici un classique des jeux-vidéos, et pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, Pixitroc est désormais doté d’une partie entière consacrée aux jeux « rétros », comprenant donc évidemment entre autres tous les Mortal Kombat sortis à ce jour…
juin
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Nouvel épisode du Dossier consacré aux films adaptés de jeux-vidéos, avec aujourd’hui une icône incontournable.
LARA CROFT : TOMB RAIDER, sorti en 2001, est à ce jour le plus gros succès des films adaptés de jeux-vidéos. La forte popularité du personnage de Lara Croft n’y est sans doute pas étrangère, ainsi que de celle de l’actrice choisie pour l’incarner : Angelina Jolie, probablement le meilleur choix possible pour ce rôle. Tout comme le jeu-vidéo publié par les anglais d’Eidos, le film met ainsi fortement l’accent sur la plastique de son héroïne (légèrement gonflée pour les besoins du film, mais toujours en deçà de celle surréaliste du jeu-vidéo), ainsi que sur le fait qu’elle soit justement un des rares personnages féminins d’action et d’aventure (le film est d’ailleurs le plus gros succès de ce »genre », avec la série des Alien). Sorte d’Indiana Jones à tresses et en mini-short, Lara explore le monde à la recherche de trésors archéologiques secrets, d’énigmes mystiques à résoudre, et de méchants à zigouiller (bien qu’en réalité, dans le film, Lara ne tue ni ne blesse même aucun humain avec ses pistolets).
Le film est ainsi assez fidèle à l’univers du jeu-vidéo (sûrement car celui-ci était déjà extrêmement cinématographique) et son lot de décors exotiques, de changements de costumes à foison, de fusillades énergiques et d’actions virevoltantes. Aucune surprise, donc, de la part du réalisateur débutant Simon West et de son équipe, mais on attendrait d’une adaptation cinématographique qu’elle apporte quelque chose de plus à ce Tomb Raider, plutôt que d’utiliser uniquement les apparences du jeu-vidéo (en enlevant donc le reste) combinées à un scénario tiré par les cheveux tressés de Lara, à des effets spéciaux et un montage peu ragoutants, sans qu’aucune émotion ne soit vraiment créée. Par exemple, malgré l’insistance du film sur les rapports douloureux entre Lara Croft et son défunt père, le seul intérêt de ces scènes est, pour les connaisseurs, l’amusement provoqué par le choix de Jon Voight pour jouer le rôle du père de Lara Croft, alors même qu’il est le célèbre père d’Angelina Jolie, cas très rare dans l’histoire du cinéma.
Le reste du casting est assez convaincant, même si on se demande quel est l’intérêt d’engager l’anglais Daniel Craig (qui a repris le rôle de James Bond – autre référence de ce Tomb Raider – dans les deux derniers opus sortis) pour jouer un américain (avec l’accent adéquat, donc), sachant qu’Angelina Jolie a elle du travailler l’accent anglais, étant américaine ! Et tout ce travail pour sortir des répliques comme «Entrons dans le ventre de la Bête… – Et sortons du cul du Diable »… Au final, le film flirte plus avec le gloubi-bougla d’un Da Vinci Code qu’avec la puissance des Indiana Jones. Le scénario mystico-magico-complotiste est en effet d’une naïveté et d’une absurdité rares, et si l’on ajoute à cela des combats et des ennemis ridicules (voir par exemple la bataille contre les statues cambodgiennes), il arrive qu’on puisse croire être devant un épisode géant de la série des Power Rangers. En beaucoup moins drôle…
De manière générale, il se dégage du film comme une impression de mépris pour le public visé, vraisemblablement considéré comme pré-pubère ou attardé, et donc enclin à se satisfaire du minimum syndical d’un film d’action (flingues, bombe sexuelle, bling-bling). Si vous espérez un peu plus, passez votre chemin, ou contentez-vous de regarder le clip de la chanson officielle du film par U2.
Note : 3/10
Retrouvez la saga Tomb Raider sur le site Pixitroc :
Bande-annonce (VO) :
juin
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Revenons aujourd’hui sur le dernier film adaptant un jeu-vidéo sorti à ce jour :
PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS, sorti il y a maintenant quelques semaines, est une très grosse production américaine (a priori le plus gros budget à ce jour pour un film tiré d’un jeu-vidéo), avec son lot de décors gigantesques et de stars au casting (dont Ben Kingsley, Oscar du meilleur acteur en 1983 pour son interprétation de Gandhi). Inspiré du deuxième opus de la saga vidéo-ludique créée par l’américain Jordan Mechner, il n’en garde cependant que peu de choses : le pouvoir magique de la dague et la base de personnages principaux, à savoir un jeune couple princier de la Perse moyenâgeuse passant autant de temps à se séduire qu’à se chamailler, chacun des deux possédant un caractère insoumis qui ne leur offre pas que des avantages. La force du film se trouve ainsi dans leur relation, floue et passionnée, romantique et gouailleuse.
Le scénario est assez complexe et bien ficelé pour empêcher ici d’en dévoiler des morceaux, sous peine de gâcher les nombreux effets de surprise, plutôt bien orchestrés même si assez convenus pour le genre. Le film est bourré d’anachronismes, utilisant le folklore oriental tel une série B hollywoodienne des années 50, avec sont lot d’acteurs occidentaux censés incarner des Perses, le tout évidemment en anglais. Mais c’est la loi du genre qui veut tout cela, et il serait malhonnête de reprocher à ce film d’être irréaliste alors qu’il est avant tout un film d’aventure fantastique familial (le film est produit par Disney et par Jerry Brukheimer, tout comme la série des Pirates des Caraïbes, réalisée par Gore Verbinski, principal référence du metteur en scène de ce Prince of Persia, Mike Newell). D’ailleurs, ces libertés prises sont la plupart du temps bienvenues, apportant une dimension comique (voir par exemple un entrepreneur magouilleur – joué par l’excellent Alfred Molina, qui a notamment interprété le rôle du Docteur Octopus dans Spiderman 2 – se plaindre de payer trop d’impôts) voire une métaphore politique à ce film : la guerre contre la ville sainte d’Alamut ressemble en effet fortement à la dernière guerre en Irak, fomentée sur la base de mensonges sur des prétendues armes secrètes pour en réalité piller les richesses millénaires de la région.
Le tout est hélas désservi par une mise en scène digne de Koh-Lanta, à coups de zooms numériques ultra-rapides, de ralentis dramatiques très appuyés, et d’une musique sans grande subtilité (alors que celle des jeux était un régal, notamment en ce qui concerne celles de des Prince of Persia next gen, il est vrai très fortement inspirée de celle du légendaire film Lawrence d’Arabie). Les nombreux effets de caméra, censés apporter le vertige et la griserie ressenties en jouant au jeu, ne parviennent pas à retranscrire l’élément fondamental de tout jeu-vidéo qui se respecte : l’identification aux personnages. Car même si on pourra trouver Jake Gillenhal/Dastan (connu pour Donnie Darko ou pour son rôle de cow-boy-gay-mangeur-de-beans-dans-sa-casserole dans Brokeback Mountain) ou Gemma Arteton/Tamina sympathiques, notamment grâce à leurs caractères de cochons sous leurs plastiques irréprochables, le montage est tellement bâclé (faux raccords, doublures hyper visibles, enchaînements trop rapides pour être vrais de situations et de sentiments extrêmement différents…) qu’il enlève toute fluidité et même toute cohérence à l’action, créant ainsi sans le vouloir une distance entre le spectateur et le film.
Une adaptation assez fidèle et un spectacle assez plaisant pour tous, donc, mais loin d’être un grand film.
Note : 5/10
Retrouvez la saga Prince of Persia à l’échange sur le site Pixitroc :
Bande-Annonce (VO) :
juin
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Pour la suite de ce dossier consacré aux jeux-vidéos adaptés au cinéma, voici un des précurseurs du genre :
Le film STREET FIGHTER, sorti en 1994 et réalisé par le Steven E. de Souza (dont ce sera heureusement le denier coup d’essai), surprend premièrement par ses choix de casting : s’il n’est pas étonnant de voir la star belge américanisée Jean-Claude Van Damme dans un film de combats, lui confier le rôle de Guile oblige d’emblée à adapter le scénario en fonction. Ainsi, Ryu et Ken apparaissent comme des faire-valoirs, et le film traite moins de « combats de rue » que de « combats entre militaires américains et terroristes ou espions ». Kylie Minogue, la chanteuse australienne aux multiples disques d’or, est elle parfaite pour le rôle de Cammy, tout en vigueur et en séduction. Mais la vraie surprise du film est Raùl Julià (qui décèdera malheureusement peu après le tournage), qui joue M. Bison. Inattendu dans ce genre de rôle, pour lequel son physique n’est pas du tout approprié, l’ex-Gomez Addams (dans les films sur La Famille Addams) donne à son personnage la noirceur et la folie nécessaire, tout en n’oubliant pas évidemment une bonne louche d’ironie.
Car une vision au second degré est en effet le meilleur moyen (le seul ?) de voir le film Street Fighter, tant son scénario est inepte, ses dialogues creux, ses combats peu spectaculaires. C’est cette dimension qui a sans doute déçu les nombreux fans du jeu-vidéo, et qui n’a pas intéressé les autres spectateurs. Or, même s’il ne sauve pas entièrement le film, l’humour distillé au fil des scènes donne une saveur particulière à ce Street Fighter (un peu de piment dans la soupe de navet, pour ainsi dire), surtout pour les connaisseurs du jeu originel ; voir par exemple les apparitions de Dhalsim et surtout de Blanka à la fin du film pour des raisons abracadabrantesques, ou encore les nombreuses phrases absurdes d’un Zangief plus stupide que tout (notamment la cultissime réplique : « Changez de chaîne ! »).
Rire avec le jeu Street Fighter, cela avait déjà été fait deux ans avant la sortie de ce film avec une scène déjantée de City Hunter, la version cinématographique du manga bien connu en France sous le nom de Nicky Larson, adaptée de manière très personnelle par Wong Jing (réalisateur Hong-kongais du non moins déjanté Sixty Million Dollar Man, avec Stephen Chow – future star de Shaolin Soccer et Crazy Kung-Fu) et incarnée par l’inénarrable Jackie Chan. Bien qu’assez courte, cette scène était en fin de compte déjà bien plus puissante que l’intégralité du film Street Fighter. Pour les fanatiques qui ne supportent pas que l’on tourne en ridicule l’univers de leur jeu-vidéo préféré, il reste toujours la possibilité de regarder l’animé sorti la même année, assez classe et excitant. A noter également, la sortie récente de Street Fighter : Legend of Chun-Li, mais pas encore en France pour le moment. Et pour ceux qui voudraient pousser la blague jusqu’au bout, essayez-donc l’aberration que constitue le jeu-vidéo Street Fighter : the movie, qui comme vous l’aurez compris est l’adaptation-vidéo-ludique-de-l’adaptation-cinématographique-du-jeu-Street-Fighter, avec graphismes digitalisés »à la Mortal Kombat » (dont l’adaptation au cinéma sera d’ailleurs bientôt traitée ici), les acteurs du film incarnant leurs avatars de pixels. Certainement le plus mauvais Street Fighter de tous les temps.
Du côté des meilleurs, citons une fois n’est pas coutume le mésestimé Street Fighter EX Plus Alpha, sorti sur Playstation en 1997. Sinon, vous trouverez toutes les versions récentes du jeu sur le site Pixitroc !
Note : 4/10.
Bande-Annonce (VO) :
juin
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs !
La sortie du film Prince of Persia : les sables du temps est l’occasion de faire le point sur les adaptations de jeux-vidéos en films, tendance encore rare mais en pleine expansion, surtout quand on voit le calendrier des films annoncés pour les temps à venir. Le blog de Pixitroc ouvre donc ici un dossier-diaporama sur ces films qui ont rarement (voire jamais ?) donné de résultats heureux, mais par contre souvent drôles. Il s’en suivra ensuite logiquement un classement des « moins pires » d’entre eux.
(Toutes les images utilisées pour ce dossier sont tirées du site www.imdb.com)
Premier film étudié dans ce dossier : Silent Hill.

Le film SILENT HILL, sorti en 2006, fut réalisé par un « français », Christophe Gans. Les guillemets sont de circonstance tant ce metteur en scène n’a jamais vraiment été considéré dans son propre pays, qui goûte habituellement plus aux films d’auteurs ou aux comédies qu’aux films de genre qu’il affectionne (il a auparavant réalisé Crying Freeman et Le Pacte des Loups) au même titre qu’un Luc Besson par exemple. Ce film est ainsi une production franco-américaine (alors que les jeux-vidéos Silent Hill sont produits par les Japonais de Konami, même s’ils sont très ancrés dans la culture américaine).
Un soin particulier a été apporté à l’esthétique du film, qui tente de reproduire l’atmosphère si particulière et angoissante du jeu. Malheureusement, l’essai n’est pas vraiment concluant, car même si lumières, couleurs et personnages sont représentés assez fidèlement (certains angles de caméra semblent même tout droit sortis de la série de jeux), l’ensemble ne prend jamais vraiment tout à fait et, surtout, ne plonge jamais dans l’angoisse. Et c’est ce qui surprend le plus dans ce film : même les scènes où l’on s’attend à avoir peur sont comme court-circuitées, de sorte qu’on reste plus dans l’expectative qu’autre chose, ce qui amène forcément frustration et déception.
Le scénario (signé Roger Avary, qui a par ailleurs écrit Pulp Fiction pour lequel il a obtenu un Oscar) est aussi tordu que pouvaient l’être ceux des jeux (l’histoire reprend d’ailleurs beaucoup d’éléments du premier volet sorti sur Playstation), jouant sur la perte de repères, l’impossibilité de déceler le vrai du faux, la réalité du cauchemar (avec les mêmes références que le jeu, des récits de H. P. Lovecraft aux films de David Lynch), mais le tout est joué et mis en scène avec si peu de subtilité qu’on se croirait plus devant du grand-guignol que devant un film d’angoisse digne de ce nom.
Si vous voulez vraiment passer un pur moment d’angoisse à vous en retourner le cerveau, autant (re)jouer aux jeux.
Note : 4/10.
Bande-Annonce (VO) :
Retrouvez la saga Silent Hill à l’échange sur le site Pixitroc :
mai
L’équipe Pixitroc s’agrandit afin de mieux vous satisfaire !
Je vous prierai d’accueillir nos deux comparses : Amandine (alias Lullabynight) et Ulysse (alias Youli) qui animeront le blog pour qu’il soit encore plus fournis en informations.
Pour l’occasion des nouvelles catégories viendront s’ajouter aux anciennes : Cinéma, animation et musique.
Je profite de ce billet pour vous informer qu’une des nouvelles fonctionnalités va montrer le bout de son nez incessamment sous peu ![]()
J’espère vraiment que tout ça vous fera plaisir ! Après, on ne pourra pas dire que l’on ne prend pas soin de nos petits Pixitroqueurs…




































