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30
juillet

Bonjour Pixitroqueurs et Pixitroqueuses ! Après une semaine de vacances, voici le retour du dossier consacré aux jeux-vidéos adaptés au cinéma. Cette semaine, on dézingue du zombie :

RESIDENT EVIL, sorti en 2002, est la seconde adaptation au cinéma d’un jeu-vidéo pour l’américain Paul W. S. Anderson, après Mortal Kombat. Il était prévu à l’origine que la mise en scène soit confiée à George A. Romero, décision on ne peut plus logique quand on sait que le maître du film de zombies (La Nuit des Morts-Vivants, Zombie, Le Jour des Morts-Vivants, entre autres) fut la principale influence de la série des jeux-vidéos Resident Evil. Mais, malgré un scénario assez fidèle à celui du jeu, Romero fut évincé par des producteurs qui voulaient quelque chose de plus spectaculaire. Le résultat final n’est ainsi pas véritablement dans l’esprit du jeu, basé sur une enquête angoissante et la survie dans un univers hostile avec peu de moyens – la recherche et l’économie de munitions est notamment une donnée essentielle de la série de jeux créée par les japonais de Capcom. Dans le film, au contraire, l’équipe de commando mitraille les zombies à tout-va, à tel point qu’on a finalement plus l’impression de regarder une adaptation du jeu-vidéo de shoot them up House of the Dead (mais celui-ci a également eu le droit à son adaptation, dont on aura l’occasion de reparler ici).

Pourtant, dès le prologue, on sent une volonté de montrer aux spectateurs que le film sera fidèle au jeu. Mais le côté ostentatoire de cette démonstration ne la rend que plus louche, et cette fidélité apparaît vite être l’équivalent du manoir du film : une façade, un leurre, un décor familier n’ayant finalement aucune importance. Pour autant, le climat installé au début du film ne manque pas d’intérêt, développant une histoire d’intelligence artificielle meurtrière par excès de zèle, en référence évidemment au HAL de 2001 : l’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick (1968), mais aussi au Mystère Andromède de Robert Wise (1971), autre précurseur de la science-fiction paranoïaque et cruelle, qui développait également une histoire d’infection mortelle. Le film est ainsi étrangement plus axé sur la menace technologique que sur celle des zombies. D’ailleurs, tout se passe dans le laboratoire secret du Hive, et rien dans le sombre manoir (qui vaut pourtant le titre européen du jeu – son titre original au Japon est Biohazard – et donc du film). L’histoire est au final aussi passionnante qu’une sortie au supermarché (malgré une volonté de jouer sur les traitrises et autres retournements de situation, dans l’esprit du jeu), apportant quand même son lot de petites satisfactions primaires, entre festins joyeux de zombies et jeu de jambes de Milla Jovovich. Cette dernière est la principale attraction du film et est montrée nue dès que possible, dans des séquences rappelant le rôle qui la fit connaître, Leeloo du Cinquième Élément de Luc Besson, dont elle fut l’égérie et la compagne avant d’être celle de Paul Anderson, qu’elle a rencontré sur le tournage de Resident Evil. L’autre tête d’affiche du casting est Michelle Rodriguez (connue pour ses rôles dans Fast and Furious, Lost, ou encore Avatar), virile et intimidante comme à son habitude, allant jusqu’à narguer les zombies en leur offrant  »en apéritif » des gouttes de son sang.

Par ailleurs, le film fait explicitement référence aux jeux Resident Evil à plusieurs reprises, notamment sur la fin qui reprend clairement Resident Evil 2. Certains plans sont même des copies de ceux du jeu, angles de caméra inclus. Et quand on sait que ceux-ci étaient eux fortement inspirés des plans de films de Romero, on ne sera pas surpris à la fin de voir un plan reprenant la une de journal titrée « THE DEAD WALK » issue du Jour des Morts-Vivants. Côté références, on trouve également de nombreuses allusions (de l’aveu même du réalisateur) à Alice au pays des merveilles, du prénom d’Alice au lapin blanc utilisé pour tester le virus, en passant bien-sûr par la Reine Rouge et sa passion des décapitations. Pourquoi Alice ? Quel est le sens de ses références ? Et, pendant qu’on y est, pourquoi donc la Reine Rouge est une gamine capricieuse ? Autant de questions sans réelle réponse. Mais, au fond, who cares ?

Note : 3/10

Bande-Annonce (VO) : Image de prévisualisation YouTube

Retrouvez l’intégralité de la saga Resident Evil à l’échange sur Pixitroc :

Commentaires

5 commentaires pour “Dossier Jeux-Vidéos – Cinéma : #7 Resident Evil”

  1. Pixitroc – échange de jeux vidéo » Dossier Cinéma – Jeux-vidéos : #11 Resident Evil 2 dit :

    [...] une anecdote amusante est à relever : dans le commentaire audio présent sur le DVD du premier Resident Evil, l’actrice principale Milla Jovovich (de plus en plus véritable fer de lance et figure de [...]

  2. Pixitroc – échange de jeux vidéo » Dossier Cinéma – Jeux-vidéos : #12 Resident Evil 3 dit :

    [...] ce monde post-apocalyptique (c’est le cas de le dire), l’introduction nous renvoie au premier épisode de la série, dans une sorte de remake de ses meilleurs moments. C’est un moyen assez intéressant de nous [...]

  3. Youli dit :

    C’est exactement ça. Le début est bien sadique, donc plutôt pas mal. Et j’avais effectivement oublié de parler de la musique, sur laquelle je mettrais quand-même un bémol, que je généraliserais à presque tous les films adaptés de jeux-vidéos (et sur lequel je reviendrai, donc) : pourquoi, dès-lors qu’on adapte un jeu-vidéo, se sentir obligé de mettre de la techno (souvent mauvaise, en plus) en bande-son ???

  4. Azariel dit :

    La seule chose à retenir de ce film est la musique composée par Manson collant parfaitement aux quinze premières minutes du film, seul passage valant la peine d’être vu. A part ça, je me range derrière la critique de Youli, en me permettant néanmoins de n’avoir pas la même réserve que lui point de vue langage : ce film est une merde.

  5. Yellow Book dit :

    Qu’avez-vous aimé le plus de ce film ?

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