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23
juin

Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Nouvel épisode du Dossier consacré aux  films adaptés de jeux-vidéos, avec aujourd’hui une icône incontournable.

LARA CROFT : TOMB RAIDER, sorti en 2001, est à ce jour le plus gros succès des films adaptés de jeux-vidéos. La forte popularité du personnage de Lara Croft n’y est sans doute pas étrangère, ainsi que de celle de l’actrice choisie pour l’incarner : Angelina Jolie, probablement le meilleur choix possible pour ce rôle. Tout comme le jeu-vidéo publié par les anglais d’Eidos, le film met ainsi fortement l’accent sur la plastique de son héroïne (légèrement gonflée pour les besoins du film, mais toujours en deçà de celle surréaliste du jeu-vidéo), ainsi que sur le fait qu’elle soit justement un des rares personnages féminins d’action et d’aventure (le film est d’ailleurs le plus gros succès de ce  »genre », avec la série des Alien). Sorte d’Indiana Jones à tresses et en mini-short, Lara explore le monde à la recherche de trésors archéologiques secrets, d’énigmes mystiques à résoudre, et de méchants à zigouiller (bien qu’en réalité, dans le film, Lara ne tue ni ne blesse même aucun humain avec ses pistolets).

Le film est ainsi assez fidèle à l’univers du jeu-vidéo (sûrement car celui-ci était déjà extrêmement cinématographique) et son lot de décors exotiques, de changements de costumes à foison, de fusillades énergiques et d’actions virevoltantes. Aucune surprise, donc, de la part du réalisateur débutant Simon West et de son équipe, mais on attendrait d’une adaptation cinématographique qu’elle apporte quelque chose de plus à ce Tomb Raider, plutôt que d’utiliser uniquement les apparences du jeu-vidéo (en enlevant donc le reste) combinées à un scénario tiré par les cheveux tressés de Lara, à des effets spéciaux et un montage peu ragoutants, sans qu’aucune émotion ne soit vraiment créée. Par exemple, malgré l’insistance du film sur les rapports douloureux entre Lara Croft et son défunt père, le seul intérêt de ces scènes est, pour les connaisseurs, l’amusement provoqué par le choix de Jon Voight pour jouer le rôle du père de Lara Croft, alors même qu’il est le célèbre père d’Angelina Jolie, cas très rare dans l’histoire du cinéma.

Le reste du casting est assez convaincant, même si on se demande quel est l’intérêt d’engager l’anglais Daniel Craig (qui a repris le rôle de James Bond – autre référence de ce Tomb Raider – dans les deux derniers opus sortis) pour jouer un américain (avec l’accent adéquat, donc), sachant qu’Angelina Jolie a elle du travailler l’accent anglais, étant américaine ! Et tout ce travail pour sortir des répliques comme «Entrons dans le ventre de la Bête… – Et sortons du cul du Diable »… Au final, le film flirte plus avec le gloubi-bougla d’un Da Vinci Code qu’avec la puissance des Indiana Jones. Le scénario mystico-magico-complotiste est en effet d’une naïveté et d’une absurdité rares, et si l’on ajoute à cela des combats et des ennemis ridicules (voir par exemple la bataille contre les statues cambodgiennes), il arrive qu’on puisse croire être devant un épisode géant de la série des Power Rangers. En beaucoup moins drôle…

De manière générale, il se dégage du film comme une impression de mépris pour le public visé, vraisemblablement considéré comme pré-pubère ou attardé, et donc enclin à se satisfaire du minimum syndical d’un film d’action (flingues, bombe sexuelle, bling-bling). Si vous espérez un peu plus, passez votre chemin, ou contentez-vous de regarder le clip de la chanson officielle du film par U2.

Note : 3/10

Retrouvez la saga Tomb Raider sur le site Pixitroc :

Bande-annonce (VO) :

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