septembre
Bonjours Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Après la curée de jouvence de la semaine dernière, aujourd’hui retour vers le futur :
HITMAN, sorti en 2007, est une co-production franco-hollywoodienne (20th Century Fox et Europa Corp, la boîte de Luc Besson) réalisée par un jeune réalisateur français, Xavier Gens, qui s’était fait une réputation en tant que formaliste et technicien plutôt doué grâce à ses courts-métrages et ses assistances pour des réalisateurs assez renommés (John Frankenheimer, Tsui Hark…). Il est surtout connu auprès du public pour s’être rendu coupable de Frontière(s), son premier long-métrage, film d’horreur grand-guignolesque au « message politique » maladroit et grotesque. Hitman, second film du réalisateur mais sorti en premier, est une production beaucoup moins fantaisiste, main-mise hollywoodienne oblige, présentant une configuration classique et calibrée de film d’action : fusillades aux quatre coins du monde, gadgets haute technologie et jolie fille. Et c’est bien là le problème : Hitman, le jeu-vidéo, est entièrement basé sur l’infiltration et la discrétion, à l’instar des Metal Gear Solid, Assassin’s Creed et autres Tenchu, le joueur incarnant le tueur 47 éliminant ses cibles le plus souvent avec une corde de piano ou un revolver silencieux. Or, dans le film, l’agent 47 dézingue à tout-va à coups de mitraillettes pointées dans toutes les directions, comme dans n’importe quel film avec Vin Diesel ou Jason Statham. Ces derniers devaient d’ailleurs jouer le rôle principal, mais ont décliné l’offre (même si Vin Diesel est par ailleurs producteur exécutif du film) au profit de Timothy Olyphant, qui est l’autre déception majeure de ce film, tant son charisme et sa variété d’expressions sont proches de ceux d’une huitre (sans compter que le crane rasé ne lui va pas du tout).
Par ailleurs, le personnage de 47, dans le jeu produit du clonage à la solde d’une organisation terroriste internationale, n’est ici qu’un orphelin élevé par une organisation secrète. Pour autant, on aperçoit à divers moments dans le film des « doubles » de 47, mais ceux-ci ne sont pas des clones : ils présentent juste le même trait de génie, être des tueurs secrets avec le look le plus identifiable du monde, le fameux code-barre à l’arrière d’un crane rasé (dans le jeu, tout cela est atténué par les nombreux déguisements utilisés par 47). Le début du film, censé évoquer l’enfance de ces tueurs au sein de l’organisation, est composé de plans directement de la série Dark Angel (créée par James Cameron), où on voyait l’enfance du personnage joué par Jessica Alba, également produit de manipulations génétiques au code-barre tatoué derrière la tête). Question références, on note également un petit clin d’œil à Saw vers la fin du film, quand 47 « offre » le choix à une de ses victimes entre mourir électrocuté ou vivre en faisant mourir quelqu’un d’autre, le tout appuyé par une réplique directement empruntée au sadique Jigsaw (« Vous connaissez les deux issues possibles. Vivre ou mourir, à vous de choisir. »), mais aussi par la présence d’un canard en plastique laissé par 47, exactement comme dans le jeu. Et pour en finir avec les citations, on notera l’apparition du jeu-vidéo Hitman : Blood Money au détour d’une chambre d’hôtel, joué par des enfants (sur Playstation 2), ce qui en dit long sur la vision du jeu par les producteurs du film, alors que le jeu est interdit à la vente aux moins de 18 ans.
La question de l’âge du public-cible est en effet un problème récurent des adaptations de jeux-vidéos au cinéma, ayant notamment posé les plus gros problèmes aux créateurs du film Super Mario Bros. Pour Hitman, les producteurs exigeaient un film calibré PG-13 (équivalent de l’interdiction aux moins de 12 ans en France), mais Xavier Gens a réussi à les convaincre que le film devait être plus adulte, conformément au jeu, et donc classé PG (équivalent du « déconseillé aux moins de 16 ans » en France, bien que dans notre pays les classifications soient très laxistes, et donc que Hitman n’ait ici eu aucune classification). Xavier Gens a été remplacé pour quelques scènes retournées à la hâte afin d’être plus formaté pour un jeune public. Une version director’s cut existe d’ailleurs, où le réalisateur a pu insérer une minute (quel gain !) d’images plus violentes. Mais ces bonnes excuses ne sauraient excuser un film quasi dénué d’enjeu dramatique (malgré la volonté de développer un scénario très premier degré et surtout sans aucun intérêt), à la psychologie bourrine, au nombre impressionnant d’erreurs (le gaz lacrymogène censé faire perdre connaissance, un prétendu article 1764.3 de la Charte de l’Union Européenne qui n’existe pas dans la réalité, le siège d’Interpol à Londres alors qu’il se trouve à Lyon…) et d’approximations (par exemple une gare à Saint-Pétersbourg qui devient étrangement semblable à une française – normal, la plupart des scènes ont été tournées à la Gare Montparnasse), le tout pour un résultat n’offrant même pas le divertissement régressif basique d’un film de ce genre.
Pour se divertir, donc, mais aussi pour n’importe quoi d’autre, on préférera encore et toujours prendre sa manette fétiche pour tenter de devenir un vrai « silent assassin ».
Note : 2/10.
août
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Voici enfin le moment tant attendu : celui du retour à la source, au mythe ancestral, à la légende fondatrice, aux poils de moustache coincés dans la tuyauterie :
SUPER MARIO BROS., sorti en 1993, fut la première des adaptations vidéo-ludiques au cinéma. Quoi de plus naturel donc qu’il se base sur le jeu-vidéo le plus connu au monde, créé par « le Steven Spielberg des jeux-vidéos », Shigeru Miyamoto (également concepteur de Zelda et Donkey Kong, entre autres). Super Mario Bros. est d’ailleurs resté longtemps le jeu-vidéo le plus vendu mondialement, seulement dépassé récemment par Wii Sports (autre production de Miyamoto pour Nintendo). Ce jeu est également connu pour avoir été un pionnier dans l’inventivité narrative, étant le premier jeu-vidéo avec une histoire qui se suit du début à la fin du jeu. Celle-ci est simple et étrange à la fois : Mario et son frère Luigi, deux plombiers, arrivent mystérieusement dans un monde fantastique peuplé de champignons et gouverné par la princesse Peach, qui a été envouté par un monstre-magicien maléfique nommé Koopa.
Ce film compte au total non moins de trois scénaristes, qui ont souvent réécrit le script au fur et à mesure du tournage, au grand dam des acteurs embarqués dans cette galère (Bob Hoskins, l’interprète de Mario, connu entre autres pour son rôle dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, dira notamment plus tard que ce film était « la pire chose qu’il ait faite de sa vie »), avec une volonté de »moderniser » cette histoire : les plombiers sont à présents deux new-yorkais d’origine italienne – bien que les acteurs les interprétant soient respectivement anglais et colombien, allez comprendre… (en fait, le rôle de Mario avait été proposé à Danny De Vito, choix on ne peut plus logique mais qui ne s’est malheureusement pas fait ; pour Luigi, John Turturro aurait pu coller au personnage et aurait pu offrir un rôle plus cohérent que celui de petit frère / fils adoptif dragueur que se coltine le pauvre John Leguizamo – qui avouera lui dans son autobiographie que les acteurs du film furent saouls durant tout le tournage, pour supporter ce naufrage intersidéral). Ils rencontrent Daisy (dont Luigi s’amourache), une jeune paléontologue recherchée par Koopa et ses acolytes Iggy et Spike (véritables personnages du jeu) pour l’emmener dans une autre dimension accessible grâce à un morceau de météorite magique. Cette météorite est celle qui a détruit les dinosaures il y a 65 millions d’années, créant en même temps cette autre dimension où quelques dinosaures ont survécu et évolué pendant ces 65 millions d’années jusqu’à devenir semblables aux hommes – ce sont donc Koopa et tout un peuple (y compris la princesse de ce monde, Daisy, bien que celle-ci soit à moitié d’origine champignon – alors que Toad, ici simple vagabond, semble lui être d’origine 100% dino, allez comprendre encore une fois…) qui y vivent. Mario et Luigi entrent ainsi dans ce monde étrange pour y retrouver et sauver la princesse Daisy (qui apparaît sur console de jeu dans Super Mario Land, la version Gameboy des aventures des plombiers).
Vous avez du mal à suivre ? Rassurez-vous, c’est normal… Devant tant d’énormités insensées, on en viendrait presque à penser que les producteurs, les scénaristes et les réalisateurs (oui, il s’y sont mis à plusieurs aussi) de ce film, ne sachant pas véritablement quoi faire de cette licence (de nombreux désaccords sur le public cible du film – enfant ou plus adulte – ayant notamment vu le jour), ont décidé de laisser libre cours à leurs idées les plus farfelues. On voit ainsi par exemple un long moment de l’intrigue tourner autour du vol du morceau de météorite par une « grosse Bertha », sosie de Diva Avari (la séquence finissant d’ailleurs par une scène en discothèque assez torride/horrible rappelant le clip le plus connu de cette chanteuse, Don’t Go de Starting Rock) censée être inspirée du poisson rouge géant de Super Mario Bros. 3, ou encore une séquence de toboggan géant entre Mario et quelques demoiselles en détresse. Par ailleurs, le film utilise de nombreux éléments du jeu (Bob-ombs, le désert Koopahari, présence de « fungus » un peu partout dans le film…), mais le plus souvent uniquement comme simple clin d’œil ou de manière peu fidèle (les pistolets des méchants ressemblent à ceux des consoles Nintendo ; les Thwomp Stompers sont un mix des Chaussures Goombas, des Thwomps, ennemis en blocs de pierre – tous deux apparus dans Super Mario Bros. 3 –, et des Bill-balles). L’exemple le plus parlant à ce titre est ce qui est fait des Goombas : ennemis les plus connus de Mario, habituellement sortes de champignons marrons anthropomorphes à grosse tête, ils sont ici des habitants de »Dinohattan » (essentiel du monde des dinosaures, version négative de New-York ressemblant à la planète Mars de Total Recall ou plutôt à un décor de Starmania) ayant subi une « dé-évolution » et ayant ainsi »retrouvé » une tête de reptile, toute petite (avec l’intellect qui va avec). En gros, ils ressemblent aux personnages ayant subi une réduction de tête dans le film Beetlejuice. Visuellement tout l’inverse des Goombas du jeu donc ! Reste que cette idée de dé-évolution est la plus amusante du film, évoquant de plus l’univers after-punk et déjanté du groupe Devo. Le film a ainsi le mérite d’être parfois drôle (même si ce n’est sans doute pas toujours fait exprès) et touchant, à l’image du personnage de Yoshi, ici bébé Tyrannosaure plutôt mignon – l’effet spécial (une marionette mécanique capable de faire 64 mouvements) n’est pas si mauvais, comme les autres du film d’ailleurs (si l’on fait abstraction que la même année sortait des films comme Jurassic Park, bien-sûr). Le film coûta quand-même 48 millions de dollars, ce qui est d’autant plus important qu’il ne rapporta même pas la moitié de cette somme. Un échec économique, critique et public total.
Selon Miyamoto, cet échec est essentiellement dû au fait que le film essaye d’être « un film à propos d’un jeu-vidéo, plutôt que d’être un film divertissant de et par lui-même ». L’erreur du débutant dans toute sa splendeur, en somme, pour ce premier film basé sur un jeu-vidéo. À noter : le film vient de sortir aux États-Unis, en hommage à la disparition récente de la légende du cinéma Dennis Hopper, qui jouait le rôle de Koopa. Le pauvre, lui qui n’était resté sur ce tournage que pour ne pas décevoir son fils fan du jeu, il ne méritait sans doute pas tant d’honneur…
Note : 2/10
Bande-Annonce (VO) :
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août
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Après une longue attente, voici la suite de notre Dossier consacré aux jeux-vidéos adaptés au cinéma, avec aujourd’hui un film atypique à plus d’un titre :

FINAL FANTASY : THE SPIRITS WITHIN (Les Créatures de l’Esprit en version française), sorti en 2001, est la première création cinématographique de Square Pictures (ce sera également pas loin d’être la dernière : ce film n’ayant pas eu le succès escompté, Square Enix, reprenant Square Pictures lors de la fusion du groupe, n’insistera pas vraiment dans des aventures si risquées), branche issue du studio Squaresoft, créateur (entre autres) de la série vidéo-ludique Final Fantasy. Le réalisateur du film, Hironobu Sakaguchi, est d’ailleurs également le créateur-même de cette série, ce qui est remarquable dans l’histoire des adaptations de jeux au cinéma. Mais ce film n’est pas exactement une adaptation, il est plutôt une variation filmique sur différents thèmes de l’univers de Final Fantasy. On pourrait même être tenté de dire que, finalement, ce film ne cherche pas du tout à s’intégrer dans un quelconque esprit de fidélité au jeu (à part peut-être via quelques clins d’œil en passant, du prénom Cid au nombre de membres de l’équipe de combats – 4, comme dans la plupart des jeux Final Fantasy – en passant par la présence d’une « scène d’amour après une grande désillusion », classique de la série), mais plutôt qu’il s’agit d’un développement parallèle de l’esthétique propre à un auteur. On retrouve ainsi la thématique de Gaia et du cycle des esprits notamment, dans un univers mêlant science-fiction, romance, tragédie planétaire, esprit d’équipe et fantasy. Ce dernier point, paradoxalement, est celui qui est le moins présent dans ce film, et on peut penser que c’est ce bouleversement en particulier qui aura déçu les fans du jeu-vidéo, le film n’ayant ainsi que peu de rapport avec une quelconque idée de jeu de rôle.
Les Créatures de l’Esprit présente aussi la spécificité (par rapport aux jeux de la saga) de se passer sur la planète Terre, développant un univers futuriste réaliste en y incorporant une intrigue mêlant extra-terrestres et fantômes. Le réalisme est d’ailleurs le maître mot de ce film, ne serait-ce que par son aspect visuel. En effet, jamais auparavant on n’aura vu un film d’animation visant à ce point le photo-réalisme, avec des images de synthèse 3D faisant presque croire à une utilisation de la motion capture (procédé utilisé dans les derniers films de Robert Zemeckis et surtout dans Avatar de James Cameron, plaquant des images virtuelles sur des visages de véritables acteurs) alors que tout a été créé par ordinateur (à l’exception notable de certains décors de fond, peints à la main, dans un style proche des plus beaux jeux de la série). Cette prouesse, si elle permet de créer un univers cohérent et crédible, a pourtant parfois tendance à détourner le regard de l’intrigue, l’œil se perdant à observer le modelé des peaux ou à compter les cheveux d’Aki (pour info : ils sont 60 000 ; chiffre astronomique – un cinquième du temps de réalisation a d’ailleurs été consacré à leur modélisation – mais deux fois inférieur au nombre de cheveux sur une vraie tête).
Pour autant, l’histoire ne manque pas d’intérêt, proposant notamment plusieurs niveaux de compréhension, du simple film d’action (reprenant malheureusement de nombreux poncifs hollywoodiens du genre) au drame psychanalytique (grâce notamment à l’emploi des rêves, messages secrets des esprits), en passant par la tragédie opératique, appuyée notamment par la musique. Celle-ci se révéle pourtant moins marquante que celles des jeux (composées par Nobuo Uematsu, « le John Williams des jeux-vidéos »), et le final est d’ailleurs lesté d’une chanson sirupeuse interprétée par… Lara Fabian !
Reste que ce film en apesanteur ne manque pas de charme, et se regarde comme une très longue et belle cinématique de jeu.
Note : 6/10
Bande-Annonce (VO) :
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août
Hello Pixitrocœurs and Pixitrocœuses,
aujourd’hui c’est le créateur et gestionnaire de la Funglisoft, Fabien Fournier qui est aussi et avant tout un artiste complet (auteur, scénariste, réalisateur, post producteur, graphiste, webmaster…). Fabien et son équipe ont été récemment mis en avant avec la web-série Noob !

[ Fabien Fournier auteur, scénariste, réalisateur, post producteur de la série Noob et fondateur de l'association Funglisoft Production travaille en partenariat avec Olydri Studio. Passionné d'audiovisuel et de sous-culture (animé, jeu vidéo, comics, manga, JDR…), c'est vers 2000 qu'il décide avec son groupe d'ami de se lancer dans l'aventure créative en reliant ses deux passions à travers la réalisation de métrages amateurs et semi-professionnels. Créatif insatiable, il développe son univers à travers divers média, tel qu'une série de roman, une bande dessinée, des sons mais aussi dans l'espoir d'un projet fou: la création d'un jeu vidéo. Son association à fêté ses 10 ans cette année.]
Source: Funglisoft [About]
juillet
Bonjour Pixitroqueurs et Pixitroqueuses ! Après une semaine de vacances, voici le retour du dossier consacré aux jeux-vidéos adaptés au cinéma. Cette semaine, on dézingue du zombie :

RESIDENT EVIL, sorti en 2002, est la seconde adaptation au cinéma d’un jeu-vidéo pour l’américain Paul W. S. Anderson, après Mortal Kombat. Il était prévu à l’origine que la mise en scène soit confiée à George A. Romero, décision on ne peut plus logique quand on sait que le maître du film de zombies (La Nuit des Morts-Vivants, Zombie, Le Jour des Morts-Vivants, entre autres) fut la principale influence de la série des jeux-vidéos Resident Evil. Mais, malgré un scénario assez fidèle à celui du jeu, Romero fut évincé par des producteurs qui voulaient quelque chose de plus spectaculaire. Le résultat final n’est ainsi pas véritablement dans l’esprit du jeu, basé sur une enquête angoissante et la survie dans un univers hostile avec peu de moyens – la recherche et l’économie de munitions est notamment une donnée essentielle de la série de jeux créée par les japonais de Capcom. Dans le film, au contraire, l’équipe de commando mitraille les zombies à tout-va, à tel point qu’on a finalement plus l’impression de regarder une adaptation du jeu-vidéo de shoot them up House of the Dead (mais celui-ci a également eu le droit à son adaptation, dont on aura l’occasion de reparler ici).
Pourtant, dès le prologue, on sent une volonté de montrer aux spectateurs que le film sera fidèle au jeu. Mais le côté ostentatoire de cette démonstration ne la rend que plus louche, et cette fidélité apparaît vite être l’équivalent du manoir du film : une façade, un leurre, un décor familier n’ayant finalement aucune importance. Pour autant, le climat installé au début du film ne manque pas d’intérêt, développant une histoire d’intelligence artificielle meurtrière par excès de zèle, en référence évidemment au HAL de 2001 : l’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick (1968), mais aussi au Mystère Andromède de Robert Wise (1971), autre précurseur de la science-fiction paranoïaque et cruelle, qui développait également une histoire d’infection mortelle. Le film est ainsi étrangement plus axé sur la menace technologique que sur celle des zombies. D’ailleurs, tout se passe dans le laboratoire secret du Hive, et rien dans le sombre manoir (qui vaut pourtant le titre européen du jeu – son titre original au Japon est Biohazard – et donc du film). L’histoire est au final aussi passionnante qu’une sortie au supermarché (malgré une volonté de jouer sur les traitrises et autres retournements de situation, dans l’esprit du jeu), apportant quand même son lot de petites satisfactions primaires, entre festins joyeux de zombies et jeu de jambes de Milla Jovovich. Cette dernière est la principale attraction du film et est montrée nue dès que possible, dans des séquences rappelant le rôle qui la fit connaître, Leeloo du Cinquième Élément de Luc Besson, dont elle fut l’égérie et la compagne avant d’être celle de Paul Anderson, qu’elle a rencontré sur le tournage de Resident Evil. L’autre tête d’affiche du casting est Michelle Rodriguez (connue pour ses rôles dans Fast and Furious, Lost, ou encore Avatar), virile et intimidante comme à son habitude, allant jusqu’à narguer les zombies en leur offrant »en apéritif » des gouttes de son sang.
Par ailleurs, le film fait explicitement référence aux jeux Resident Evil à plusieurs reprises, notamment sur la fin qui reprend clairement Resident Evil 2. Certains plans sont même des copies de ceux du jeu, angles de caméra inclus. Et quand on sait que ceux-ci étaient eux fortement inspirés des plans de films de Romero, on ne sera pas surpris à la fin de voir un plan reprenant la une de journal titrée « THE DEAD WALK » issue du Jour des Morts-Vivants. Côté références, on trouve également de nombreuses allusions (de l’aveu même du réalisateur) à Alice au pays des merveilles, du prénom d’Alice au lapin blanc utilisé pour tester le virus, en passant bien-sûr par la Reine Rouge et sa passion des décapitations. Pourquoi Alice ? Quel est le sens de ses références ? Et, pendant qu’on y est, pourquoi donc la Reine Rouge est une gamine capricieuse ? Autant de questions sans réelle réponse. Mais, au fond, who cares ?
Note : 3/10
Retrouvez l’intégralité de la saga Resident Evil à l’échange sur Pixitroc :
juillet
Hello Pixitrocœurs and Pixitrocœuses,
aujourd’hui François Descraques, jeune réalisateur de la web série du moment, Le visiteur du Futur, participera à notre cher questionnaire !

[ François Descraques a 25 ans, résidant dans une banlieue Parisienne et il est passionné de "trucs de geek". C'est comme cela qu'il se présente sur le blog de Frenchnerd, boîte de prod' perso'.
C'est son frère, Raphaël, et son ami, Florent Dorin, qu'il commence à tourner des courts métrages, ce qui les menera au fil du temps vers la création artistique et le cinéma.
Il suivra donc un BTS dans l'audiovisuelle, lui permettant d'élargir sa palette productive de film d'entreprise mais surtout de rencontre amicale et professionnelle.]
Source: Frenchnerd [About]
juillet
Bonjour Pixitroqueuses et Pixtroqueurs ! Aujourd’hui, un article dans la continuité de celui de la semaine dernière :

MORTAL KOMBAT : DESTRUCTION FINALE est la suite directe de Mortal Kombat, sortie deux ans après, en 1997. Le réalisateur a changé, la mise en scène étant confiée à un plus grand débutant que pour le premier opus : John R. Leonetti, heureusement resté inconnu, lui. « MEUWTAL KEUMBAATT ! » Comme le premier, le film débute avec le générique le plus violent de tous les temps, qui sera aussi le meilleur moment du film, accompagné encore de la fameuse musique qui donnerait envie même à Gandhi de sauter dans tous les sens en mettant des coups de pied à tout-va. Outre le réalisateur, beaucoup d’acteurs ont également changé d’un film à l’autre, mais jamais pour le mieux : les deux comédiens qui ont repris les rôles de Sonya Blade et Johnny Cage sont largement moins attachants, et c’est sans regret qu’on voit disparaître l’un d’eux très vite ; quant à James Remar (récemment papa de Dexter dans la série éponyme), il donne à Raiden des allures de vieux-beau semblant vouloir éviter les combats (bien qu’il se batte dans ce film-ci, contrairement au premier). Christophe Lambert qui le jouait dans le premier volet a du abandonner le rôle pour un film encore plus incroyable que celui-ci, le fameux Beowulf.
Pour combler ces tristes changements, cette suite a pour principal intérêt de multiplier le nombre de personnages issus de l’univers Mortal Kombat. On verra donc avec plaisir (au moins pour les déguisements d’Halloween) apparaître Motaro le centaure, Jade la ninja, Jax et ses bras bioniques (qui essaye de reprendre le rôle de trublion de service à la place de Johnny Cage, mais sans beaucoup de succès), le grand méchant mais pas du tout charismatique Shinnok (au contraire de son fils Shao-Kahn et de la mythique casseuse de tympans Sindel, plutôt convaincants), les robots Smoke et Cyrax, Sheeva est ses quatre bras (qui étaient tellement compliqués à animer pour un combat que ce dernier est extrêmement écourté), Nightwolf le loup-garou (dont on pourrait croire que la courte apparation est due aux images de synthèse horribles qu’il nécessite, si seulement ces dernières n’étaient pas utilisées dans beaucoup d’autres scènes totalement inutiles), et même Ermac, connu à la base dans les jeux Mortal Kombat pour être un bug de programmation mélangeant Sub-Zero et Scorpion (son nom signifie d’ailleurs « Error Macro »), et devenu un véritable personnage dans MK3.
Pour le reste, cette suite a gardé tout ce que le premier film avait de pire, tout en enlevant le meilleur : l’humour ne sauve ainsi plus un scénario inexistant (en gros, les méchants décident de tricher et d’envahir la Terre malgré la défaite lors du dernier Mortal Kombat, et les aventures du premier film n’ont donc servi à rien !), les répliques sont ici toutes plus plates que Jane Birkin, et les combats sont d’une mollesse telle que même le montage et les musiques (toujours plus kitsch) ne parviennent pas à les dynamiser. Mais pourquoi donc faire autant de sauts périlleux durant un combat aussi ! Sans compter le ridicule nombre de câbles encore visibles dans les scènes nécessitant ces acrobaties…
Après avoir vu défiler tous ces personnages, la seule envie positive qui vient est de vouloir rejouer à Mortal Kombat. Mais la véritable envie est de retrouver le producteur de ce film, dans l’Outre-Monde ou ailleurs, pour enfin… « FINISH HIM! » A noter, par ailleurs, que parmi les nombreux fans de Mortal Kombat déçus de ces adaptation au cinéma, un a décidé de prendre les choses en main et de relancer la série. Pour convaincre les producteurs de le financer, il a tourné un court-métrage intitulé Mortal Kombat: Rebirth pour ‘’seulement » 7500$ et l’a diffusé sur youtube. Espérons que sa chance lui sera accordée…
Note : 2/10.
Bande-Annonce (VO) :
juillet
Bonjour chers Pixitroqueurs et Pixitroqueuses
La mise à jour des côtes des jeux a été effectué cette nuit (il fait un petit peu plus frais
).
Comme à chaque mise à jour, les jeux en attentes de réponse ont été automatiquement mis à jour avec les nouvelles cotes (les différences de points ont du coups été recrédités) et les membres ayant effectué un échange avec une ancienne cote pourrons se faire rembourser la différence de points si l’ancienneté de cet échange ne dépasse pas les 7 jours, faites en la demande à partir du formulaire de contact.
Bonne journée et bons échanges !
juillet
Hello Pixitrocœurs and Pixitrocœuses,
aujourd’hui pour notre deuxième édition de Nostal’game, c’est le bien connu Marcus ,de son vrai nom Marc Lacombe, qui répond à nos questions !

[ Marcus, né le 28 octobre 1966 en Île-de-France, est un journaliste et animateur de télévision français spécialisé dans l'univers du jeu vidéo.
Dès 1989, Marcus a été pigiste, voire rédacteur, pour certains des magazines français de jeu vidéo tel que Player One, Console + et Joystick.
Il est plus particulièrement connu pour avoir créé et animé l'émission Level One sur la chaîne Game One de 1998 à 2002. Marcus quitte Game One début 2002 pour rejoindre pour quelques mois l'équipe de Fun player pour finir par rejoindre la chaîne Nolife où il y anime Chez Marcus, une émission où il accueille le téléspectateur chez lui pour lui présenter un jeu vidéo.
Octobre 2007 signera son retour sur Game One avec Retro Game One, un magazine quotidien sur le Rétrogaming. ]
Source: Wikipédia [Marc Lacombe]
juillet
Bonjour Pixitroqueuses et Pixitroqueurs ! Après une semaine de pause, voici la suite du Dossier Jeux-vidéos au Cinéma, avec à nouveau de la baston à l’honneur :

MORTAL KOMBAT, réalisé par le débutant d’alors Paul W. S. Anderson (et qui réalisera plus tard Resident Evil, dont on aura l’occasion de reparler ici), est sorti en 1995, un an après Street Fighter. Comme ce dernier, il se paie également une « star » has-been au casting, en la personne de notre fierté nationale : Christophe Lambert, qui joue le Dieu du tonnerre Raiden. Il y trouve ici peut-être son meilleur rôle depuis Highlander, jouant énormément sur une complicité avec le spectateur, qui pourra à loisir reconnaître les « gimmicks » propres à l’acteur : rire sarcastique surjoué, sentences lapidaires dites avec un sérieux exagéré (sans compter le tonnerre et les éclairs qui interviennent à la fin de chaque scène de dialogue où il est présent), le tout accentué par une perruque innommable et un regard d’acier renforcé par des éclairs. Comme pour Street Fighter, encore, tout semble fait pour inciter à une lecture au second degré des scènes, grâce notamment au personnage de Johnny Cage, tout en ironie (voir la première scène de celui-ci notamment, avec sa réplique culte : « C’est là que tu dois tomber. »), jouant à plein son rôle d’avatar de Jean-Claude Van Damme (ce dernier a d’ailleurs refusé le rôle au profit de Street Fighter).
Là aussi, le scénario n’est qu’un prétexte à des combats à foison, et pourrait être tiré d’un épisode de Dragon Ball Z (il ressemble aussi beaucoup, pour la partie »réaliste », au dernier film de Bruce Lee, le très bon Opération Dragon) : les gros méchants venus d’un monde parallèle veulent envahir la Terre et ils doivent pour cela remporter un ultime tournoi d’arts martiaux contre les humains. Pourquoi ne pas envahir la Terre tout de suite ? Bonne question, surtout quand on voit la dernière scène du film (mais ne dévoilerons rien ici, on en reparlera dans le billet réservé à la suite que constitue Mortal Kombat : Destruction Finale – tout un programme…). Les combats, à défaut d’être convaincants, ont le mérite d’être plutôt drôles. En fait, on a plutôt l’impression d’assister à un battle de danse (façon »So you think you can dance? », pour les connaisseurs), avec un nombre incalculable de saltos, flips, et autres sauts improbables.
On retrouve toutefois avec plaisir quelques coups spéciaux des personnages du jeu, qui sont eux-mêmes assez convaincants dans leur rôle. Mention spéciale pour Sonya Blade, dont la fidélité est poussée jusqu’à la faire rejouer la scène de Mortal Kombat II où elle apparaît enchaînée par Shang Tsung. Les effets spéciaux sont d’un niveau époustouflant, alliant images de synthèse probablement réalisées sous Paint et sprites plus pixelisés encore que ne l’étaient ceux du jeu. Le tout est rythmé par une musique techno-dance représentant tout ce que cette époque a pu produire de kitsch, mais pour autant très entraînante et dynamique. On appréciera également (ou pas) la présence de morceaux de Napalm Death, de Fear Factory, ou encore de Traci Lords (!), ex grande star de films pour adultes. Évidemment, on aurait pu souhaiter que le côté gore du jeu (dont les « fatalities », faites de décapitations, démembrements et autres pulvérisations, ont fait la réputation) ne soit pas en partie édulcoré comme c’est le cas ici, mais Mortal Kombat reste un nanar qui s’assume, et offre ainsi un spectacle assez jouissif et divertissant.
Pas une « flawless victory », donc, mais, tout comme les personnages du film, on aurait presque envie d’y croire…
Note : 5/10.
Bande-annonce (VO) :
Pour le reste, puisqu’on évoque ici un classique des jeux-vidéos, et pour ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué, Pixitroc est désormais doté d’une partie entière consacrée aux jeux « rétros », comprenant donc évidemment entre autres tous les Mortal Kombat sortis à ce jour…


































